Les drôles de bruits que font les Français-e-s

Ce post s’est largement inspiré de cet article de Oui in France, je vous conseille d’aller le lire ! En tant qu’enseignant-e-s, nous connaissons tous les « chunks« , c’est-à-dire ces groupements de mots figés en expressions qui n’ont qu’un seul sens (ex : voilà ; c’est ça ; c’est pas vrai ?! ; bonne chance ; tout à fait). Ce sont ces bouts de phrase qui vont permettre aux apprenant-e-s d’avoir des conversations plus naturelles, plus proches des natifs-ives.

Il y a cependant un autre élément, trop souvent mis de côté en cours de langue, qui participe grandement à la compréhension des dialogues et à leur participation : les bruits que l’on fait.

L’article mentionné au début est une petite mine d’or : elle tente d’expliquer des bruits que les Français-e-s font pour s’exprimer et qui peuvent remplacer des phrases, dans quelles situations ils sont utilisés et leur signification. Il y a même des documents audios ! Ainsi on retrouve :

  • « the fast gasp »
  • « mmm mmm » Note personnelle : très utilisé dans les conversations pour signifier à l’autre qu’on l’écoute
  • « raspberries » Précision car ce n’est pas indiqué : cela signifie « je ne sais pas », on le fait généralement avec les sourcils levés et un haussement d’épaules)
  • « the fast air suck in » Je n’ai jamais remarqué cela, et je ne vois pas ce que cela signifie
  • « the growl » Très utilisé dans mon entourage !
  • « tak » Très peu entendu dans mon entourage, et plutôt dans un contexte où on tranche une situation, on décide quelque chose, avec un mouvement de main qui « tranche » verticalement, mais c’est très rare
  • « hop ». Aussi « (et) hop là » ou « allez hop ».
  • « hein » Compliqué celui-là… Oui, ça peut être une façon familière de dire « je n’ai pas compris », mais aussi pour exprimer son étonnement / incrédulité. Il peut aussi être à la fin d’une phrase, un peu pour dire que c’est comme ça et c’est tout.

 

Je trouve néanmoins que l’autrice de l’article a oublié certains bruits importants, comme : Lire la suite Les drôles de bruits que font les Français-e-s

Les groupes rythmiques en français

Le français se distingue de nombreuses langues de par le fait qu’il se prononce avec des groupes rythmiques (GR) dont la dernière syllabe est accentuée. Alors qu’en anglais, par exemple, des syllabes sont accentuées selon les classes de mots. Cela rend la compréhension orale du français difficile, mais il faut que les apprenant-e-s en aient conscience pour mieux appréhender le sens des documents audios et pour parler de façon plus naturelle.

Un GR se compose généralement d’un sujet + verbe + complément, mais cela peut varier selon beaucoup d’éléments. C’est avec une exposition et un entraînement réguliers que les apprenant-e-s s’amélioreront.

 


Vous trouverez plus bas un plan de cours B1 B2+.

Pour les niveaux plus faibles, vous pouvez utiliser les exercices de podcastfrancaisfacile. Rien de bien passionnant, mais c’est de la pratique.

Voici un plan de cours de FLE-PhilippeMijon fondé sur la chanson « Respire » de Mickey 3D.

 


B1 B2+. Le plan de cours ci-dessous provient de « Enseigner le FLE – pratiques de classe », Desmons et al., 2008. (Extrait.) Tout n’a pas été retranscrit ET J’AI FAIT DES MODIFICATIONS.

1/ Première lecture
Consigne orale : « essayez de lire ces groupes de mots en posant une accentuation montante sur la dernière syllabe de chaque groupe. »

"Il était six / heures du soir le / vendredi dix / mai 1968 quand / on a frappé à ma / porte c'était mon / ami Loïc étudiant à / la Sorbonne comme / moi."

2/ Réflexion, travail en groupes
Consigne orale : « que remarquez-vous ? Est-ce que vous avez compris ce que vous venez de lire ? » Demander alors aux apprenants de se mettre en groupes de eux et de former des GR porteurs de sens.

Cela donnera par exemple : "Il était six heures du soir / le vendredi 10 mai 1968 / quand on a frappé à ma porte / c'était mon ami Loïc / étudiant à la Sorbonne / comme moi."

3/ Élargissement des GR

Demander aux apprenants d’élargir les groupes rythmiques encore plus, ce qui complique le niveau de l’exercice puisqu’ils devront lire ces grands groupes toujours en respectant les enchaînements, l’articulation, et l’intonation.

Ex : "Il était 6 heures du soir le vendredi 10 mai 1968 / quand on a frappé à ma porte / c'était mon ami Loïc / étudiant à la Sorbonne comme moi."

4/ Application

Leur donner la suite du texte, en deux versions pour chaque groupe. Il faut qu’iels trouvent GR – en petits et en grands (d’où les deux versions).

"A 7 heures et demie le cortège s'est formé et on a commencé à descendre le boulevard Arago nous voulions passer devant la prison de la Santé."
Petits GR :"A 7 heures et demie / le cortège s'est for / et on a commen / à descendre le boulevard Arago / nous voulions passer / devant la prison de la San."
Grands GR :"A 7 heures et demie le cortège s'est for / et on a commencé à descendre le boulevard Arago / nous voulions passer devant la prison de la San."

Le fait qu’il y ait deux découpages possibles (entre autres !) montre bien que les GR sont formés selon de nombreux éléments (sens, rapidité du débit, intention du locuteur, niveau d’élocution, expressivité…).

 


Pour continuer dans la lancée…

… il pourrait être intéressant de parler de la ponctuation française, notamment de faire l’activité du site apprendre présentée en début de l’article sur ce lien.

Pour les enseignant-e-s : un article de AuSonDuFle sur le rythme parolier ainsi qu’un autre de T’enseignes-tu sur le groupe rythmique.

+ tout ce que PointDuFle a à proposer en rapport avec la phonétique.