Les groupes rythmiques en français

Le français se distingue de nombreuses langues de par le fait qu’il se prononce avec des groupes rythmiques (GR) dont la dernière syllabe est accentuée. Alors qu’en anglais, par exemple, des syllabes sont accentuées selon les classes de mots. Cela rend la compréhension orale du français difficile, mais il faut que les apprenant-e-s en aient conscience pour mieux appréhender le sens des documents audios et pour parler de façon plus naturelle.

Un GR se compose généralement d’un sujet + verbe + complément, mais cela peut varier selon beaucoup d’éléments. C’est avec une exposition et un entraînement réguliers que les apprenant-e-s s’amélioreront.

 


Vous trouverez plus bas un plan de cours B1 B2+.

Pour les niveaux plus faibles, vous pouvez utiliser les exercices de podcastfrancaisfacile. Rien de bien passionnant, mais c’est de la pratique.

Voici un plan de cours de FLE-PhilippeMijon fondé sur la chanson « Respire » de Mickey 3D.

 


B1 B2+. Le plan de cours ci-dessous provient de « Enseigner le FLE – pratiques de classe », Desmons et al., 2008. (Extrait.) Tout n’a pas été retranscrit ET J’AI FAIT DES MODIFICATIONS.

1/ Première lecture
Consigne orale : « essayez de lire ces groupes de mots en posant une accentuation montante sur la dernière syllabe de chaque groupe. »

"Il était six / heures du soir le / vendredi dix / mai 1968 quand / on a frappé à ma / porte c'était mon / ami Loïc étudiant à / la Sorbonne comme / moi."

2/ Réflexion, travail en groupes
Consigne orale : « que remarquez-vous ? Est-ce que vous avez compris ce que vous venez de lire ? » Demander alors aux apprenants de se mettre en groupes de eux et de former des GR porteurs de sens.

Cela donnera par exemple : "Il était six heures du soir / le vendredi 10 mai 1968 / quand on a frappé à ma porte / c'était mon ami Loïc / étudiant à la Sorbonne / comme moi."

3/ Élargissement des GR

Demander aux apprenants d’élargir les groupes rythmiques encore plus, ce qui complique le niveau de l’exercice puisqu’ils devront lire ces grands groupes toujours en respectant les enchaînements, l’articulation, et l’intonation.

Ex : "Il était 6 heures du soir le vendredi 10 mai 1968 / quand on a frappé à ma porte / c'était mon ami Loïc / étudiant à la Sorbonne comme moi."

4/ Application

Leur donner la suite du texte, en deux versions pour chaque groupe. Il faut qu’iels trouvent GR – en petits et en grands (d’où les deux versions).

"A 7 heures et demie le cortège s'est formé et on a commencé à descendre le boulevard Arago nous voulions passer devant la prison de la Santé."
Petits GR :"A 7 heures et demie / le cortège s'est for / et on a commen / à descendre le boulevard Arago / nous voulions passer / devant la prison de la San."
Grands GR :"A 7 heures et demie le cortège s'est for / et on a commencé à descendre le boulevard Arago / nous voulions passer devant la prison de la San."

Le fait qu’il y ait deux découpages possibles (entre autres !) montre bien que les GR sont formés selon de nombreux éléments (sens, rapidité du débit, intention du locuteur, niveau d’élocution, expressivité…).

 


Pour continuer dans la lancée…

… il pourrait être intéressant de parler de la ponctuation française, notamment de faire l’activité du site apprendre présentée en début de l’article sur ce lien.

Pour les enseignant-e-s : un article de AuSonDuFle sur le rythme parolier ainsi qu’un autre de T’enseignes-tu sur le groupe rythmique.

+ tout ce que PointDuFle a à proposer en rapport avec la phonétique.

Activités de phonétique

Voici différentes activités qu’il est envisageable d’utiliser pour travailler la phonétique en cours de FLE (alphabet phonétique FR ici).

  • Distinguer les deux sons. Faire écouter un texte court (ou l’enseignant le lit) une première fois pour que les apprenants se familiarisent (ou utiliser un texte déjà vu). Lors de la deuxième écoute, les apprenants repèrent les sons étudiés et lèvent le papier correspondant au son entendu (cf. « matériel »). Puis ils répèteront le ou les mots.
    Matériel : les apprenants doivent prendre deux bouts de papier, sur un ils écrivent la ou les lettres correspondantes à un premier son, sur l’autre papier l’autre son étudié.
    + Un texte contenant les sons.

 

  • Production. En binôme, les apprenants cherchent par exemple quatre mots qui contiennent l’un des sons étudiés. Ils écrivent ensuite une ou deux phrases avec ces mots, et les liront pour la classe. Recommencer avec l’autre ou les autres sons étudiés ce jour-là.

 

  • Repérage des graphies. Par exemple, pour l’étude des sons [e] et [ɛ], ou pour la différence de graphie masculin/féminin. On distribue le texte aux apprenants. On leur fait écouter (ou l’enseignant le lit) une première fois pour qu’ils se familiarisent. Lors de la deuxième écoute, ils entourent d’une couleur toutes les lettres qui se prononcent [ɛ]. Lors de la troisième écoute, ils entourent d’une autre couleur les lettres pour [e]. Puis ils classent sous forme de tableau (deux colonnes).
    Matériel : un texte contenant les sons étudiés écrits de différentes façons.

 

  • Levez ! (Cet exercice ne peut être réalisé sans avoir auparavant fait un autre exercice sur ces sons.) A tour de rôle, un apprenant pioche un papier et prononce le mot dessus. Les autres apprenants lèvent le bout de papier correspondant au son entendu.
    Matériel : bouts de papier avec les mots dessus. (Les apprenants auront déjà vu ces mots auparavant.)  + deux ou trois ou plus bouts de papiers par apprenants sur lesquels sera écrit un son par papier.

 

  • Mime. En binôme. Un apprenant choisit un mot à mimer à son partenaire. L’autre doit deviner le mot, et dire quel son il pense avoir reconnu.
    Matériel : soit on donne des bouts de papier avec des mots dessus et que les apprenants piochent ; soit on utilise un texte étudié en cours et écouté plusieurs fois, et c’est à eux de choisir les mots à mimer.

 

  • Produire le féminin et le masculin. En binôme. A tour de rôle, un apprenant va choisir un mot (soit dans un texte fourni, soit sur des bouts de papier fournis) et le prononcer. S’il le prononce au masculin, l’autre apprenant devra donner le féminin. S’il le prononce au féminin, l’autre apprenant devra donner le masculin.
    Matériel : soit on donne des bouts de papier avec des mots dessus et que les apprenants piochent ; soit on utilise un texte étudié en cours et écouté plusieurs fois.

Liens utiles :

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Oddcast.com : du texte à l’oral, pour aider à la prononciation

Voici un site plutôt efficace qui permet d’écouter des mots ou phrases (que vous écrivez). Un lien surtout utile pour vos apprenants, pour leurs révisions !

Here is a rather efficient website that allows the user to listen to words or sentences (that have been typed). This link is particularly useful for your learners!

http://www.oddcast.com/home/demos/tts/tts_example.php?sitepal

Nasales / Nasals [ɔ̃] [ɑ̃] [ɛ̃]

nasales

Matériels :
– un ordinateur, un projecteur, pour montrer la vidéo
– exercices à imprimer
– cartes-mots

1. On pourrait commencer par écrire au tableau des mots contenant ces nasales, si possible des mots que les apprenants connaissent déjà.

Bon                 Banc                 Bain
Ton                Temps              Thym
Rond               Rang                 Rein
Mon                Ment                Main
Son                 Sang                 Sain
Vont                 Vent                  Vin
Marron            Marrant            Marin

Revoir ensemble la définition de ces mots. Leur laisser le temps de lire et d’essayer de prononcer. Ils devraient vite se rendre compte qu’ils ont du mal à différencier les sons, notamment [ɔ̃] – [ɑ̃] et [ɑ̃] – [ɛ̃]. Écrire ces sons au-dessus des colonnes (respectivement : [ɔ̃], [ɑ̃], [ɛ̃]).

2. Visionnage de la vidéo de Karambolage (ARTE). Avant 1:13, ce n’est pas vraiment utile, vous pouvez zapper (dans ce cas, arrêtez à 2:36). Vous pouvez télécharger la vidéo ici (« Karambolage_nasales.mp4 ») ou la visionner ici :

Laissez les apprenants découvrir la vidéo une première fois. Parlez-en en langue maternelle : de quoi parle-t-on ? 

3. Puis repassez la vidéo, en pausant à 2:05, 2:22 et 2:36 pour reprendre ensemble la prononciation, le placement de la bouche, de la langue :
[ɔ̃] bouche fermée, lèvres arrondies en avant
[ɑ̃] bouche ouverte, coin des lèvres rapprochés
[ɛ̃] bouche ouverte, lèvres souriantes / tirées

Après chaque nasale vue dans la vidéo, prononcez les mots auparavant écrits au tableau et faîtes-leur répéter. (Par exemple, vous venez de montrer [ɔ̃] dans la vidéo, vous remontrez comment placer la bouche et les lèvres, puis vous prononcez les mots du tableau contenant [ɔ̃] un par un, leur faisant répéter en même temps.)
À ce moment-là il est important de les faire surarticuler (ou hyperarticuler), même s’ils trouvent cela ridicule. C’est en faisant des sons longs surarticulés que les apprenants s’habitueront à ces sons, à les différencier, puis à les reconnaître et les utiliser naturellement.
Puis répétez les mots du tableau, mais par ligne, non pas par colonne (ex : « bon banc bain »).

4. 4.1 Faîtes ensuite des exercices de discrimination phonétique. Vous pourrez trouver des exemples sur ce lien (lien aussi pratique pour travailler d’autres sons). Ici pour travailler le son [ɛ̃] en particulier.
Faîtes d’abord un court exercice où vous dîtes deux mots, et les apprenants doivent dire s’ils sont différents ou si ce sont les mêmes. Puis indiquez de quelle(s) nasale(s) il s’agit.

4.2 Ensuite faîtes des exercices où ils doivent reconnaître la nasale utilisée. Les apprenants peuvent par exemple indiquer avec leurs doigts à quelle catégorie appartient le mot (1 [ɔ̃], 2 [ɑ̃], ou 3 [ɛ̃]), cela permet à l’enseignant de voir s’ils y arrivent ou sont complètement perdus. (Après quelques mots, cacher sa bouche pour que les apprenants se basent vraiment sur ce qu’ils entendent, pas ce qu’ils voient.)
Les faire répéter à chaque fois.

Le livre « Enseigner le FLE, pratiques de classe » conseille à l’enseignant de ne pas être le « modèle sonore » des apprenants. C’est-à-dire que l’enseignant et les apprenants se mettent d’accord sur un code pour chaque nasale : quand l’apprenant se trompe de nasale, l’enseignant lui fait le signe correct correspondant.
Pour [ɔ̃], faire un petit rond avec le doigt en l’air, et faire la position des lèvres correctes (sans émettre de son);
Pour [ɑ̃], la même chose mais avec un rond plus grand;
Pour [ɛ̃], geste d’étirement des lèvres avec mouvement des lèvres.

5. Créez des petites cartes-mots (exemples ici, « Nasales_cartesmots.odt » et .pdf). Sur chaque carte, il y a un mot (d’une ou deux syllabes) qui entre dans une des catégories nasales. Écrivez en priorité des mots que les apprenants connaissent déjà, sinon indiquez au-dessus de la syllabe la nasale qu’il faut prononcer.
Les apprenants sont divisés en équipe. Chaque apprenant reçoit une carte-mot qu’il ne doit PAS montrer aux autres. Chaque apprenant va venir au tableau, un par un. Un de ses camarades (qui n’est pas dans son équipe) va lire la carte-mot, et l’apprenant au tableau devra mettre une croix en-dessous de la nasale correspondante (si correct, il a un point). Il essaiera aussi d’écrire le mot (point bonus si correct). Demandez aux autres apprenants leur avis avant de donner la correction. Faîtes répéter le mot.

6. Toujours en équipe. Avec les mots encore écrits au tableau, les mots vus auparavant, les apprenants doivent trouver une phrase qui ait du sens et qui contienne les trois nasales. (Si un groupe finit avant les autres, il en cherche une autre.) Un membre de chaque équipe ira écrire sa phrase au tableau, et tous les étudiants recopieront toutes les phrases dans leur cahier. L’enseignant peut demander au hasard à des apprenants de répéter l’une des phrases. Ces phrases leur permettront de réviser à la maison et leur apprennent à enchaîner les différentes nasales.




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